Ce que je disais plus haut et que je soupçonnais est confirmé par le
cardinal Siri lui-même. Écoutons ce qu’il confie à Benny Lai le 22
octobre 1985 :
« Lorsque j’ai compris que Pie XII voulait me préparer à la Papauté en m’envoyant en mission à l’étranger, comme l’avait fait le Pape Ratti à son égard [Pie XI à l’égard du cardinal Pacelli], j’ai refusé d’autres voyages. J’ai accepté celui en Belgique en 1958 pour ne pas toujours répondre par la négative. »
Ce que dit le cardinal impose deux déductions qui sont évidentes :
1) Pie XII pensait bien à Siri pour lui succéder, et c’est pour cela qu’il l’appela à Rome en 1956 afin de le préparer à cette tâche s’il était élu.
2) Siri connaissait la pensée du Pape à cet égard, et c’est pour cela qu’il déclina l’invitation de 1956.
Tout ceci était bien connu à la Curie et tout le monde savait qu’il y avait de fortes chances que Siri succède à Pie XII, d’où son élection rapide dès le troisième tour de scrutin du 26 octobre 1958.
Le cardinal sachant tout cela évita le plus possible d’aller à Rome, et après la mort de Pie XII, il brilla par son absence car il ne voulait pas être élu. Pourquoi alors accepta-t-il, la fumée blanche l’attestant ? C’est qu’il fit alors son devoir, conformément à ce qui était stipulé dans l’Encyclique de Pie XII sur le sujet. Mais ensuite, comme le dit Ratzinger, il prit la fuite devant les loups !!!

